CULTIVER SA SINGULARITÉ, ACCOMPLIR SA VOCATION !

Luc Ferry insiste aussi bien dans Qu’est-ce qu’une vie réussie (Grasset 2002) que dans La Révolution de l’amour (Plon 2010) sur l’importance de la singularité.

Confronté à des discours aberrants tenus par un médecin esthétique racoleur et narcissique, je n’ai pu récemment que souligner l’importance non seulement de la beauté intérieure mais encore plus profondément de la destinée, de la vocation singulière et solitaire de chacun-e de nous.

 

J’ai repris Booz endormi, un des chefs-d’oeuvre de Victor Hugo,

par lequel Ferry concluait son livre de 2002 :

 

« Booz était bon maître et fidèle parent ;

Il était généreux, quoiqu’il fût économe ;

Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme,

Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

 

6  Le vieillard qui revient vers la source première,

Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;

Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,

Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière »

 

J’y ai ajouté le tombeau de Léopoldine, sa fille tragiquement décédée par noyade:

 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne

 

Je partirai. Vois tu, je sais que tu m’attends.

 

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

 

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

 

 

 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

 

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

 

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

 

Triste, et le jour sera pour moi comme la nuit.

 

 

 

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

 

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

 

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

 

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur

 

 

 

3 septembre 1847

 

Victor Hugo, Les contemplations, livre 1V, 1856.

 

 

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