FREEDOM ET SINTHOMME

Le roman de Jonathan Franzen fait beaucoup parler de lui.

Je n’en suis qu’autour de la page 300. Le trio composé de Walter Berglung, de son épouse Patty et de leur ami Richard Katz représente toutes les ambigüités de l’Amérique de Bush, conservateurs et libéraux en prennent pour leur grade. Le modèle littéraire de Patty – violée dans sa jeunesse – n’est autre que Guerre et paix, de Léon Tolstoi !

Elle se prend pour Natascha et bascule entre Pierre et le prince André… Nous sommes un peu du même acabit: les princes, glorieux et riches,nourrissent mieux nos idéaux, mais il nous faut juste vivre comme le balourd Pierre. Je ne suis pas du tout sûr que Franzen soit à la hauteur de Tolstoi, de même que Freedom me paraît bien moins convaincant, sur le fond, que l’inoubliable Carnet d’or de Doris Lessing. Touchant la production de Franzen, il ne faut pas parler trop vite de chef-d’oeuvre !

Admettons, ce sera déjà un pas, que Freedom est révélateur de la morosité ambiante d’un monde coupé d’avenir. D’où son succès, pathétique, symptomatique. – En même temps qu’elle s’extasie devant Franzen, la presse littéraire célèbre les 30 ans de la disparition de Jacques Lacan, le sinthomme. Je ne suis pas sûr qu’il eût goûté le pathétique banalisé de Franzen, à la vision sans doute moins féconde que celle dissimulée dans le regard désabusé de Woody Allen.

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