INVITÉ DU JOURNAL – RADIO SUISSE ROMANDE, LA PREMIÈRE

A l'image de cette jeune fille, la Norvège est effondrée par la double attaque du 22 juillet, la plus violente depuis la seconde guerre mondiale. [Jan Johannessen - AFP]

 

A l’image de cette jeune fille, la Norvège est effondrée par la double attaque du 22 juillet, la plus violente depuis la seconde guerre mondiale. [Jan Johannessen – AFP]

La tragédie survenue en Norvège pose des questions sécuritaires, mais aussi éthiques, en Suisse également. Jusqu’où faut-il surveiller la population, sans remettre en cause la liberté individuelle?

« Une politique sécuritaire renforcée pose tout autant de problèmes qu’elles en résoud. D’autant qu’elle ne permet pas de prévoir l’imprévisible. Et ce qui s’est passé en Norvège dans ce havre de paix, est proprement imprévisible ». Denis Müller précise son propos en évoquant les dérives d’internet: « Je trouve qu’on fantasme beaucoup sur internet et sur facebook, en voulant y trouver toutes les explications du drame, alors qu’ils ne sont que des épiphénomènes ». On a dit aussi que la tuerie de Norvège illustrait la faillite du multiculturalisme. »Il y a un dogme politiquement correct du multiculturalisme.On se gargarise beaucoup du point vue philosophique et médiatique avec cette notion qui nous vient des Etats-Unis, sauf que l’Europe est un peu différente. Je pense que toute société, pour subsister, doit être un mélange subtil de cosmopolitisme et de fidélité aux racines. Je ne suis pas quelqu’un qui pense qu’on doit cracher sur l’identité nationale, parce qu’on est pour une société ouverte ». Denis Müller conclut sur les raisons apparentes qui ont poussé le tueur à commettre ses crimes: haine de l’étranger, fondamentalisme chrétien. Un des pièges à éviter est de croire à la parole de cet homme, qui a l’air manifestement très content de son coup ».

Deuxième thème, qui ramène en Suisse, sachant que Denis Müller est un fan de la première heure du Neuchâtel Xamax: comment voit-il l’évolution et les récents soubresauts du club sous l’ère Chagaïev? « A la mi-mai, nous étions quarante à manifester devant le stade contre la nouvelle tournure des événements. L’avenir malheureusement nous donne raison. Quant aux politiques, ils sont très présents par leur silence gêné. J’espère qu’ils vont enfin commencer à s’exprimer ». Sur le fond, Denis Müller constate surtout de la part du nouveau patron de Xamax « le manque de tact et de respect, le manque de connaissance du football, la façon dont il manipule les Neuchâtelois. Il n’y a pas besoin de nouvelles manifestations. J’ai confiance en le public neuchâtelois et romand pour qu’il se rende compte de la débilité culturelle de Monsieur Chagaïev ».

 

 

 

http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/l-invite-du-journal/?date=26-07-2011

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