LA CHAIR DU VIVANT ET LA CHAIRE KITSCH D’ALMODOVAR

J’apprécie la provocation et la profondeur pathétiques des films d’Almodovar, mais, un peu comme avec Woody Allen, il faut parfois faire face au pire et pas seulement au meilleur. Dans La piel que habito, le cinéaste espagnol nous gratifie d’un drame sordide gâché de plus par des touches de badigeon sanguinolent et de kitsch frisant le ridicule. La problématique de l’identité, qui traverse l’oeuvre d’Almodovar, se concentre sur la transsexualité, mais à travers une histoire de vengeance, de sadisme et d’inceste à peine voilé. Le tout en devient pervers et tordu, comme a osé dire un critique suisse. J’en suis ressorti non pas dégoûté ou scandalisé, mais indifférent: à une personne amie qui me demandait si le film en valait la peine, j’ai simplement répondu: kitsch. Comme j’aurais pu dire: passe ton chemin, hélas. Dommage, pour un film qui, au fond, voulait thématiser le plus beau des lieux théologiques: le mystère de la chair, l’aventure de l’incarnation. Dommage pour Elena Anaya (photo), sublime et fragile dans le rôle-clef. Dommage pour la Femme et l’Homme de chair que nous essayons d’être, avec notre part de tragique et de dramatique, mais aussi notre esthétique du Désir et de la Transcendance, notre destin spirituel.

 

ElenaAnaya

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