LE DÉBAT SUISSE SUR L’ADOPTION PAR LES COUPLES PARTENARIÉS

La décision du Conseil national (parlement suisse, chambre basse) de n’accorder le droit d’adoption aux couples en partenariat que pour leurs enfants à eux est un « oui, mais » qui témoigne bien d’un certain malaise; le Conseil des Etats (chambre haute), qui n’avait accepté l’objet que par 21 contre 19, pourra ratifier ou enterrer la chose.

Gays et lesbiennes crient un peu vite à la victoire, appuyés par un Antonio Hodgers aux arguments fort démagogiques – ce qui ne justifie en rien la maladresse insigne de la réponse de l’UDC Oscar Freysinger; le problème n’est pas de savoir si un homme qui a perdu son père avant sa naissance par la faute de la dictature argentine (c’est le cas d’Hodgers) a un problème d’identité (oui, a répondu Freysinger en rigolant honteusement), mais bien qu’il a eu un père et qu’il en connaît et honore le nom !!! Un père mort n’en demeure pas moins un père, pour celui là même qui pose la question, et comment Hodgers, qui en parle régulièrement, pourrait bien biffer le NOM de son Père ?

Freysinger n’a pas eu le niveau argumentatif pour lui répondre, si bien que le débat demeure un choc d’idéologies ! Un démagogue de gauche contre un idéologue de droite. Tertium datur ! Il serait temps que le PDC et quelques socialistes se réveillent et élèvent le niveau du débat. Sinon la Suisse va s’abaisser au niveau démagogique de la France voisine et de son prétendu « mariage pour tous ». J’ai l’impression de parler dans le désert, mais mieux vaut dire toujours que l’on pense. C’est une des conditions de la démocratie: un vote n’est jamais définitif et n’a jamais le dernier mot. Même si, comme moi, on risque bien d’être du côté des «perdants».