LOTUS BLEU ET OPIUM DU BON PEUPLE

Hergé nous dit le Routard a écrit Le Lotus bleu en 1934 mais moi Shanghai ça me rappelle aussi The Lady of Shanghai un des chefs-d’oeuvre du terrible Orson Welles l’inventeur de l’invasion des Martiens.

Cet après-midi j’ai découvert les contrastes entre les gratte-ciels de cette ville folle et la vieille cité chinoise de Yu Garden, avec mes jeunes amis et collègues chinois. A part un ou deux masques égarés et celui que ma collègue chauffeure m’a apporté à l’aéroport pour parer à mes angoisses, je n’ai guère vu la panique que le monde sécrète autour de la grippe aviaire. Mais comme beaucoup d’alertes, cette flu est peut-être cachée et se dissimule à notre absence de lucidité. La ville est alerte et gaie, débridée et affairée. 20 millions d’habitants, selon le Routard, toujours lui, mais moi je vois surtout le contraste entre l’immense et le sordide, la paix et l’angoisse – comme à Mexico.

Et je me dis que dans ma bonne ville de Neuchâtel et mon bon canton aux élections dérangées par la disparition de Raymond Traube, l’éthique bat de l’aile, comme un poulet déplumé; faut-il continuer le simulacre, ou pousser un bon coup de gueule, histoire de remuer la morosité ambiante ? De loin j’ai l’impression d’oser me dire au moins les choses à moi, et à ceux qui, médecins, soignants ou pas, me lisent sur facebook via mon blog. Et puis demain il me faut aller entretenir mes interlocuteurs et collègues de la Yongji University du rôle des religions dans l’éthique publique… Autant rester alerte, et provoc. Comme toujours un peu, non ?