MALICK ET L’APOCASTASE

 

Jean-Philippe Costes a très bien montré le rôle du christianisme dans le cinéma de Terrence Malick ( « A la recherche du paradis perdu »). L’Arbre de Vie, palme d’or à Cannes cette année, en offre une nouvelle démonstration éclatante. Le conflit terrible entre le père (Brad Pitt) et le fils aîné exemplifie le poids du péché, source de violence et de rivalité, conduisant à la mort tragique et énigmatique du fils; mais la mère et les deux autres fils tissent les liens de la réconciliation. Au point qu’à la fin, on en vient à se demander si la Mère n’est pas aussi la Vierge et son Fils (Sean Penn) le Sauveur. Et si la théologie de Malick ne serait pas teintée d’apocatastase (doctrine affirmant la victoire finale de la grâce sur le péché et tendant à relativiser la puissance du péché et la menace de la perdition éternelle). Mais j’ai trop vibré, pour ma part, à cette terrible présence de la haine et de la violence au sein de la famille du film – miroir de nos propres épreuves ! – pour céder à une assomption trop facile dans une Rédemption oublieuse des défis du monde et de l’existence.