MARDI PROCHAIN C’EST LE 1ER MARS ! ET NOS RÉPUBLIQUES ATTENDENT LA CHUTE DU CLAN K.

Le 1er mars, c’est l’anniversaire de l’indépendance neuchâteloise. On rappelle l’avènement de République, la fin du règne prussien et aristocratique, la naissance de la démocratie moderne à Neuchâtel, chef-lieu d’un canton suisse libéré ! Et en Suisse, nous voyons notre Présidente, Micheline Calmy-Rey, ministre socialiste des Affaires étrangères, oser annoncer, souhaiter, accélérer la chute du tyran lybien qui s’est tellement nargué de nous lors de l’affaire des otages.

En octobre 2009, comme dix autres personnalités romandes, j’ai publié une lettre – bien fictive – à ce M. Kadhafi (je vous le mets en copie ci-dessous) – j’étais bien naïf, mais je n’ai pas honte de lui avoir exprimé ce que je pense toujours: que le patriotisme a une limite, celle du respect des autres pays.

 

Le Matin (Lausanne)

Jeudi 28 octobre 2009

 

Lettre à M. Kadhafi

 

Par Denis Müller, théologien, professeur d’éthique aux Universités de Genève et de Lausanne

 

Monsieur le Président,

 

Je ne connais pas votre pays et je crains de ne pas avoir le loisir de le découvrir prochainement, vu les recommandations émises par la Confédération helvétique.

 

« Jean-Jacques, aime ton pays », peut-on lire sur une belle maison de Genève. Impossible d’oublier que ce même Rousseau fut maltraité par un pasteur et ses ouailles, à Môtiers, près de Neuchâtel, où je suis né.

 

Je crois que le patriotisme est légitime, pour toute personne dans le monde. Je suis fier d’être suisse, comme vous l’êtes vous-même d’être lybien.

 

Le patriotisme a cependant une limite, qui constitue notre commune humanité éprise de paix et de justice : aimer notre patrie, c’est respecter celle des autres.

 

Aimer son pays et sa patrie ne saurait signifier que nous devions en défendre les erreurs, les errances et les injustices. La Suisse est imparfaite, comme toute démocratie. Elle doit impérativement s’améliorer; elle doit elle aussi respecter les droits de l’homme, selon les règles de l’éthique et du droit international. Si telle ou telle de ses autorités a commis une erreur,  il faut en juger. Sereinement. Nous ne sommes pas une mafia.

 

Il est d’autant plus incompréhensible à mes yeux, comme à ceux de l’immense majorité de mes concitoyens, que vous reteniez à Tripoli deux personnes qui ne sont en rien impliquées dans les événements survenus à Genève. Votre pays retrouvera aussi le respect de la communauté internationale quand ces deux hommes seront libres. Nous serons, ensemble, réunis alors par le droit des gens. En sauvant la face ensemble, nous aurons grandi ensemble.

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