RÉFORMER LES COEURS, RECONSTRUIRE LA VIE

Les suites de la très grave affaire de Bochuz et du rapport de l’ancien juge fédéral Rouiller conduisent le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba et le chef par intérim du Service Pénitentiaire à poursuivre sur le chemin escarpé et exigeant des réformes de fond.

Cela passe par une démolition et une reconstruction, signe fort, soutenu par une nouvelle donne, à la fois psychologique, psychiatrique, éthique et formative. Je me souviens du premier cours de formation des gardiens de prison initié en Suisse romande, sous l’égide du Conseiller d’Etat neuchâtelois René Meylan, au début des années 80, au Louverain. Tout indiquait déjà la nécessité d’une réforme en profondeur des prisons, plutôt que de bricolages frileux. Tout ce qui pourra être fait dans le sens d’un meilleur encadrement des personnes emprisonnées et d’une meilleure formation des professionnels en charge de leur surveillance sera le gage d’une éthique à la hauteur de cet enjeu majeur de nos sociétés démocratiques: comment bien-traiter les condamnés, au lieu de les enfoncer dans leur passé, mais sans rien céder sur la sécurité et sur l’égal traitement dû à tous ? Comment défendre et honorer les victimes, sans céder à la vengeance ? Comment donner aux détenus une chance d’avenir et de réinsertion, sans mettre en danger celles et ceux qui doivent être protégés de leurs éventuelles rechutes ?

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