SOLITARY MAN

L’affaire DSK nous sidère et nous fascine. Car cet homme – puissant, riche, célèbre – n’est qu’un homme. Comme nous. Un individu singulier. Solitary Man (Johnny Cash). Le voir jeté ainsi en pâture à New York, c’est à la fois sordide, commun, trivial. Tout à coup il côtoie les dealers, les petits criminels. Il est Juif, à côté des Noirs de Harlem. Il porte sa croix. Entre des brigands. Brigand. Briguandé. Exposé.

De la femme de chambre, on commence à savoir davantage, par bribes, comme de l’employé qui nettoyait la table du petit-déjeuner. Que saura-t-on demain, qu’on savait très bien, ou qu’on ne savait pas ?

Que DSK est un homme. Que ses initiales ne sauraient dissimuler qu’il s’appelle Dominique. Pris le samedi, livré le jour du Seigneur.

Un homme ordinaire.

Tombé de haut, pas encore jugé, peut-être manipulé, sûrement écartelé, déchiré, contradictoire.

Tragédie grecque ?

Vaudeville ?

L’opinion aime la chute des Grands.

L’opinion est capable de transformer le présumé innocent en bouc émissaire, et le coupable avéré en victime pardoxale.

Paiera-t-il pour Polanski ?

Et s’il devait errer dans Gotham City, avec un bracelet électronique, trouvera-t-il au moins un petit rôle dans le prochain film de Woody Allen ?

 

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