UN RITE POUR GAYS ET LESBIENNES: LE DÉBAT CONTINUE

Le vote du Synode de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud en faveur d’un rite pour les personnes en partenariat homosexuel agite le landerneau ecclésiastique suisse romand et francophone.

Avec plusieurs collègues, en particulier au sein d’un groupe de travail intitulé Eglise et société, et quoique ne siégeant plus dans ce Synode, j’étais plutôt en faveur d’un report, craignant une division au sein de l’Eglise. Cela a commencé et va se poursuivre, indéniablement. L’irénisme n’est pas de mise ici.

En l’état, j’aimerais souligner quelques points:

1) Le Synode de l’EERV a repoussé à plus tard la rédaction d’une liturgie de bénédiction et s’est contenté de parler d’un rite, ce qui est beaucoup plus vague. Le point positif est cependant que l’EERV a reconnu la différence constitutive entre le mariage et le partenariat. Je défends de même point de vue depuis mon petit livre de 1992 co-rédigé avec un pasteur gay (L’homosexualité. Un dialogue théologique, Labor et Fides). Cela explique aussi pourquoi je m’oppose aussi bien à la notion de « mariage homosexuel » (préconisée en Espagne et par Obama) qu’à celle de « mariage pour tous » (gouvernement français). C’est une question d’équité, aussi par rapport aux couples mariés !

2) Le fait de parler seulement d’un rite montre bien la difficulté de mobiliser l’Ecriture sainte en faveur d’une telle liturgie. Nous n’avons pas le droit de manipuler si facilement les textes.

3) La Commission d’examen de la gestion de l’EERV s’est basée sur une opposition forte entre la création et l’alliance pour mieux pouvoir légitimer la bénédiction pour les couples honosexuels. C’est faire bon marché de l’unité entre la création et l’alliance et passer bien trop vite sur le fait que la différence homme-femme est une donnée créationnelle et pas seulement sentimentale.