UNE TERRIBLE ÉCRIVAINE HONGROISE ET SES DÉFIS À LA THÉOLOGIE

Agota Kristof s’en est allée, à l’âge de 75 ans, dans cette ville de Neuchâtel où, exilée hongroise de 1956, elle a rédigé l’immense partie de son oeuvre en français.

Prix de l’Institut neuchâtelois en 2009, elle laisse une trace indélébile dans la littérature francophone. La Trilogie des jumeaux (Le Grand Cahier; la Preuve; le Troisième mensonge) ainsi que l’Analphabète sont des textes extraordinaires de rigueur et de lucidité.

Un des deux deux jumeaux, Claus, s’imagine écrire à son frère Lucas: «  Je lui dit que la vie est d’une inutilité totale. elle est non-sens, aberration. souffrance infinie, l’invention d’un Non-Dieu dont la méchanceté dépasse l’entendement » (Le Troisième Mensonge (1991), in: La Trilogie des jumeaux, Paris, Seuil 2006, p. 459).

Terrible. Provocant. Théologiquement plus fécond que l’accusation de Dieu: ce Non Dieu, envers et creux d’un Dieu indicible. Impossible de retourner ici le romanesque en bondieuserie. Vrai défi théologique. Que les maigres discours théologiques contemporains peinent à atteindre.

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